Nico — dix ans à relever les recettes dans les vieux livres de colportage et à noter ce que les praticiens en disent aujourd'hui.
Les recettes, et d’où elles viennent
La Bibliothèque bleue de Troyes a vendu les mêmes formules par colportage pendant près de 200 ans, et une bonne part de ce qui circule aujourd’hui en descend directement. Ce site reprend chaque recette, chaque plante et chaque mot à sa source : le texte où on le trouve, le siècle où il apparaît, le nom qu’il portait alors. Quand je n’ai pas trouvé la source, c’est écrit sur la page.
Planche : Szalkijanos, CC BY-SA 4.0
Quatre couleurs, quatre dates
Le classement par couleurs paraît ancien ; il ne l’est pas également. Voici, pour les quatre mots les plus employés, ce que les textes permettent de situer.
- Blanche XVIIe siècle Le couple blanc / noir se répand en français sur le modèle de la distinction latine entre magie naturelle et goétie, héritée de la Renaissance.
- Noire XVIIe siècle Le second terme du couple. Dans les procédures des siècles précédents, le mot employé était tout autre : on parlait de maléfice et de sortilège.
- Rouge XXe siècle Ajout tardif de l’édition populaire pour tout ce qui touche à l’amour. On ne la trouve pas dans les grimoires anciens, qui ne classaient rien par couleur.
- Verte fin XXe siècle La plus récente des quatre, venue de la littérature anglophone sur les plantes, et passée en français par la traduction.
Les cinq entrées
Les couleurs de la magieBlanche, noire, rouge, verte : d'où vient ce classement par couleurs et ce que chaque mot recouvre.
Courants et traditionsÉsotérisme, chamanisme, ordres et sociétés : les courants, leurs dates et leurs textes fondateurs.
Rituels d'amourRetour affectif, philtres, attachements : ce que les textes décrivent et le vocabulaire employé.
Rituels du quotidienSanté, chance, logement, procès : les rituels de la vie courante et la façon dont ils circulent.
Plantes et herbierPlantes, racines, pierres : le répertoire végétal et minéral, nom par nom et source par source. Par quel chemin une recette arrive jusqu’ici
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Le manuscrit savant
Au départ, des textes copiés à la main, en latin, qui circulent entre clercs et lettrés. Ils décrivent un matériel, des heures, des formules, et ne classent rien par couleur. Leur public est étroit et leur vocabulaire technique.
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Le livre de colportage
À partir du XVIIe siècle, des imprimeurs de province — ceux de Troyes au premier rang — tirent de ces textes des livrets bon marché, vendus sur les routes avec les almanachs et les chansons. Les formules y sont raccourcies, francisées, et parfois méconnaissables.
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La reprise d’aujourd’hui
Ces livrets ont été réimprimés tout au long du XIXe siècle, puis recopiés sur le web, souvent sans mention d’origine. Une même recette peut ainsi se présenter comme immémoriale alors qu’elle a deux cents ans et un imprimeur identifiable.
C’est pour cette raison que chaque page d’ici cherche la source : une recette sans provenance ne vaut pas une recette datée, même quand elles disent exactement la même chose. Et sur ce qu’une recette produit, je ne vais pas me prononcer — ce site dit d’où elle vient et comment elle est formulée, pas ce qui en découle.
Les pages les plus récentes
Les questions qui reviennent par mail
Les recettes publiées ici sont-elles complètes ?
Les pages donnent ce que les textes donnent : le matériel cité, le moment indiqué, l’ordre des étapes tel qu’il est écrit, et le nom sous lequel la chose se transmet. Quand une source est incomplète ou contradictoire d’une édition à l’autre, je le signale à l’endroit où ça se produit.
Pourquoi autant de dates et de noms d’imprimeurs ?
Parce que c’est le seul moyen de distinguer une formule attestée de longue date d’une reformulation récente. Deux recettes voisines peuvent avoir trois siècles d’écart, et la différence ne se voit qu’en remontant au texte imprimé.
Le site vend-il quelque chose ou renvoie-t-il vers un praticien ?
Non. Il n’y a ni boutique, ni consultation, ni annuaire. Je laisse une adresse de contact en bas de page pour signaler une erreur, proposer une source ou poser une question sur un mot.